Production de chaleur renouvelable
Données 2024
La chaleur représente 46 % de l'énergie renouvelable produite en Occitanie.
La progression de ce vecteur s'explique par la forte dynamique d'installation de pompes à chaleur (+8,5 % de capacité installée entre 2023 et 2024) et par la stabilité de la filière bois.
Le développement des réseaux de chaleur constitue également un levier essentiel, en favorisant l'émergence de projets d'envergure.
La production de chaleur se distingue par sa spécificité géographique et temporelle, car elle doit être localisée à proximité de la consommation pour être valorisée efficacement. Cette contrainte soulève plusieurs défis : la valorisation de la chaleur fatale des Unités de Valorisation Énergétique (UVE) reste limitée, et le développement des réseaux de chaleur (RDC) doit être renforcé. À cela s'ajoutent des difficultés de suivi précis de certaines filières clés, comme le bois énergie et les pompes à chaleur.
Malgré ces défis, les perspectives de développement de la chaleur renouvelable sont prometteuses. Il serait ainsi pertinent de projeter l'évolution future des besoins en chaleur, en se basant sur des scénarios climatiques comme ceux du projet TRACC (Trajectoire de réchauffement de référence pour l'adaptation au changement climatique), afin d'adapter au mieux les infrastructures de production.
Production de la filière bois-énergie
Selon nos estimations, la production de chaleur par la filière bois énergie apparaît stable entre 2023 et 2024 en Occitanie, tant en production totale (10,5 TWh), que dans sa répartition entre bois domestique (65%) et chaufferies (35%).
Pour apprécier le contexte global de cette filière, plusieurs aspects sont à considérer :
- L'Occitanie, 2e région forestière de France, jouera un rôle clé dans l'atteinte des objectifs nationaux de la 3e Programmation Pluriannuelle de l’Énergie, et devra partager cette ressource avec d'autres territoires. Le bois-énergie ne constitue qu’une partie de la filière bois. En 2024, il ne représentait que 22% du bois récolté*, le reste étant du bois d’œuvre (51%) ou à destination de l’industrie (27%).
- Les forêts jouent un rôle essentiel dans la séquestration carbone (voir la rubrique "Séquestration"). L’exploitation forestière doit ainsi s’inscrire dans une logique de gestion durable, conciliant production de bois, préservation des écosystèmes et contribution à l’objectif de neutralité carbone fixé à l’horizon 2050.
- Parallèlement, les forêts régionales sont de plus en plus vulnérables. En 2023, les coupes sanitaires ont été 6 fois plus importantes qu’en 2022, en raison d’un stress climatique persistant qui a favorisé la prolifération de la population de scolytes.
* DRAAF Occitanie “Journée internationale des forêts : la forêt en Occitanie” - Juin 2024
Production des Pompes à chaleur
Le travail de suivi des filières de production de chaleur est complexe : contrairement à l’électricité, la très grande majorité de la chaleur ne transite pas par un réseau reliant le lieu de production vers celui de consommation. Il n’est donc pas possible de s’appuyer sur les données de comptage de gestionnaires de réseaux semblables à RTE ou Enedis.
Par ailleurs, d’après le bilan actuel, seule ¼ de cette chaleur serait produite en centrale (chaufferie biomasse, cogénération biogaz et UVE), le reste relevant d’un usage domestique/tertiaire où la production a lieu directement sur le lieu de consommation (PAC, bois domestique et solaire thermique) :
- Pour la production en centrale, un suivi des installations peut être mis en place via une enquête annuelle auprès des exploitants.
- Dans le second cas, le suivi passe nécessairement par une estimation, celle-ci pouvant être faite à partir de données d’enquêtes, d’approches statistiques, ou le plus souvent de la combinaison des deux. Dans ce cas, des hypothèses doivent donc nécessairement être formulées.
Si l’on prend l’exemple des PAC, la dynamique de cette filière ne peut être ignorée :
Le diagramme présentant la méthode d’estimation de la production de chaleur renouvelable par pompe à chaleur permet d’illustrer 2 aspects :
- La valeur obtenue à l’échelle régionale est un ordre de grandeur : s’il est cohérent et représentatif d’une dynamique de filière, les évolutions d’une année sur l’autre sont à interpréter avec prudence. En effet, l’ancienneté encore limitée du parc rend l’impact du nombre de PAC sorties pour fin de vie négligeable. Le parc croît année après année. La production estimée étant directement proportionnelle à la taille du parc, elle croît donc mécaniquement elle aussi d’une année sur l’autre (cf graphique). Cela ne permet donc pas de prendre en compte des facteurs externes comme la douceur d’un hiver ou le développement de pratiques de sobriété.
- La ventilation à l’échelle communale repose sur l’enquête logement de l'INSEE, dont les données sont mises à jour seulement tous les quatre à six ans. Elle ne peut donc rendre compte de mesures prises localement : par exemple, l’impact de la mise en place d’aides à l’équipement favorisant l’installation, ou de travaux d’isolation des bâtiments réduisant le besoin de production, ne peuvent être observées via cette méthode de suivi.
Production de la Géothermie hors PAC
Une étude de potentiel est en cours à l’est de Toulouse dans le cadre d’un projet de réseau de chaleur dont 40 GWh seraient alimentés par géothermie profonde. L’aboutissement de ce projet doublerait la production régionale d’Occitanie, aujourd’hui estimée à 41 GWh répartis sur 3 sites historiques.
Concernant la géothermie de surface (profondeur <200m), 2024 a été marquée par l’inauguration de la centrale de Cambacérès, plus grande installation de géothermie sur nappe du pays. Il convient de noter que la méthodologie actuelle n’intègre pas encore cette typologie de projet dans le périmètre couvert : seule la production des installations individuelles (résidentiel/tertiaire) est estimée, tel que présenté pour les PAC individuelles (avec 82 GWh en 2024). Des travaux sont en cours pour ajouter les installations de plus forte puissance, notamment à partir des données de déclaration de forage et de suivi des subventions.
Par ailleurs, l’Animation Régionale Géothermie portée par l’ADEME et la Région, et menée avec l’appui technique de l’AREC Occitanie, continue d’accompagner la structuration de cette filière, dont les projets d’installation se multiplient. 2025 a notamment vu naître le Club de la Géothermie, regroupement des acteurs socioprofessionnels dans le but d’en faciliter la collaboration.