Impact du changement climatique sur le littoral occitan
Le changement climatique provoque une hausse progressive du niveau de la mer, ce qui renforce la vulnérabilité des zones basses et expose davantage les territoires littoraux aux risques d’érosion côtière et de submersion marine. De plus, l’élévation du niveau marin combinée aux épisodes de tempêtes accentue fortement les risques : à événement météorologique équivalent, les dommages potentiels sont aujourd’hui plus importants en raison d’un niveau de la mer plus élevé.
Le niveau de la mer augmente, et le phénomène va s’intensifier
Depuis 1850, le marégraphe de Marseille mesure une hausse de plus de 26 cm en 174 ans (+1,5 mm/an).
Cette tendance s’observe uniformément sur l’ensemble du bassin méditerranée et devrait s’accélérer dans les décennies à venir avec le réchauffement climatique (dilatation des océans et fonte des glaces). Selon le 6ème rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), le niveau de la mer pourrait encore s’élever :
- Dans une France à +2,7°C en 2050, le niveau de la mer à Marseille augmenterait de 12 cm par rapport à 2024 (IC à 66% : 3-23)
- Dans une France à +4°C en 2100, de 48 cm par rapport à 2024 (IC à 66% : 36-70)
- Voire 62 cm (IC à 66% 43-90) en 2100 si les émissions de gaz à effet de serre ne diminuent pas (scénario SSP5-8.5)

Niveau marin (en mm) mesuré par les marégraphes de Marseille et Sète, et projections
Sources : données issues du service hydrographique et océanographique de la marine (SHOM)
Projections dans le futur : outil Sea level projection tool de la Nasa, basé sur les données du 6e rapport du GIEC
Deux conséquences majeures sur le littoral
- La submersion progressive des zones basses (même par temps calme)
- L'aggravation du recul du trait de côte
Submersion des zones basses : les premières terres gagnées par la mer
Face à l’élévation progressive du niveau de la mer, certains espaces du littoral apparaissent particulièrement sensibles : les zones basses. Leur faible altitude les rend vulnérables aux intrusions marines à long terme, même par temps calme. La cartographie des zones basses, produite par le Cerema, identifie les secteurs situés sous la cote des plus hautes mers astronomiques, à laquelle est ajoutée une marge de +1 mètre afin d’intégrer l’élévation du niveau marin liée au changement climatique. Cette valeur, supérieure à l’élévation moyenne estimée au marégraphe de Marseille, a été retenue dans le cadre d’une approche nationale et sécuritaire, en cohérence avec le niveau projeté à l’horizon 2100 dans le scénario SSP5-8.5 du GIEC.
En Occitanie, ces zones basses représentent 1.2% du territoire, mais concentrent des enjeux essentiels : activités économiques (marais salants, ostréiculture, pisciculture) et réservoirs de biodiversité majeurs au sein des lagunes méditerranéennes.
Ces espaces ne sont pas nécessairement submergés aujourd’hui, même lors du pic des plus hautes mers astronomiques (PHMA).
En revanche, avec l’élévation du niveau marin, les secteurs connectés à la mer seront exposés à des incursions marines de plus en plus fréquentes. À terme, ces espaces pourront évoluer vers des fonctionnements plus lagunaires, et leur caractère maritime s’affirmer. L’infiltration d’eau salée dans les nappes tendra à augmenter, favorisant la salinisation des sols et modifiant durablement le fonctionnement des milieux.
Pour aller plus loin :
Cartographie des zones basses du territoire
Aggravation du recul du trait de côte
La façade littorale d’Occitanie s’étend sur 220 km et est majoritairement constituée de côtes sableuses (plages, dunes, lidos et lagunes), particulièrement vulnérables au changement climatique. De nature mobiles, ces côtes sont plus sensibles à l’érosion que les côtes rocheuses. Depuis les années 1960, l’urbanisation intensive du littoral, initiée notamment par la mission Racine (création de stations balnéaires, ports et infrastructures) a profondément modifié l’équilibre sédimentaire naturel et fragilisé des espaces essentiels comme les cordons dunaires.
En Occitanie, 41,3 % du linéaire côtier est en recul sous l’effet combiné des tempêtes, de l’élévation du niveau de la mer et des perturbations des apports de sable liées aux aménagements. Certains secteurs connaissent toutefois une avancée du rivage grâce à des accumulations naturelles ou à des interventions humaines, traduisant des dynamiques très contrastées selon les sites. Malgré ces situations locales d’avancée, l’érosion demeure un enjeu majeur, entraînant localement le recul des dunes, le rétrécissement des plages, une plus grande vulnérabilité des infrastructures et une perte d’espaces naturels littoraux.

Tempêtes et élévation du niveau marin : une combinaison aggravante
Le nombre de tempêtes ayant affecté l’ancienne région Languedoc-Roussillon présente une forte variabilité interannuelle. Sur l’ensemble de la période d’observation, aucune tendance significative n’est observée concernant la fréquence des tempêtes dans la région. Les années 1980 ont été marquées par une forte activité tempétueuse, suivie d’une période relativement calme au cours des années 2000. La dernière décennie se caractérise par une reprise de l’activité, avec une augmentation du nombre de tempêtes.
Selon le GIEC1 , la montée du niveau moyen des mers entraîne une augmentation de la fréquence et de la gravité des inondations côtières extrêmes. Ainsi, même en l’absence d’évolution claire de la fréquence des tempêtes, leurs impacts sont amplifiés par l’élévation du niveau marin, qui accroît la probabilité de submersion lors des événements de surcote.

Pour évaluer cette vulnérabilité croissante, la DREAL utilise un indicateur qui s’appuie sur les Territoires à Risque Important d’Inondation (TRI). Il mesure l’évolution du nombre de logements actuellement situés en zone inondable par submersion marine, en comparant le scénario de probabilité moyenne actuel (aléa cartographié dans le cadre des PPRi – Plan de Prévention du Risque Inondation) avec le scénario de probabilité moyenne intégrant les effets du changement climatique.2

Evolution des populations et logements concernés par la submersion marine entre 2024 et 2100.
Source : DREAL Occitanie
Pour aller plus loin :
Cartographie des Territoires à Risque Important d'Inondation (TRI) | l'eau dans le bassin Rhône-Méditerranée
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2 Au regard des connaissances actuelles sur le changement climatique, l’élévation du niveau de la mer est le seul impact du changement climatique pris en compte.
