04/03/2026
Aperçu ppe3 - couverture brochure 2025

Adoptée le 12 février 2026, la troisième Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE3) marque une étape majeure pour la politique énergétique française.

Dans un contexte de transition accélérée, cette nouvelle stratégie vise à porter la part d’énergie décarbonée à 70 % d’ici 2035, tout en réduisant progressivement la dépendance aux énergies fossiles.

Si les débats portent souvent sur l’électricité, la PPE3 met largement en avant un pilier longtemps discret mais essentiel : la chaleur renouvelable, et plus particulièrement la géothermie, appelée à jouer un rôle central dans la décarbonation des usages thermiques.

 

 

La géothermie : un levier stratégique identifié par la PPE3

La PPE3 reconnaît explicitement que l’atteinte des objectifs nationaux en matière de géothermie nécessitera une accélération forte du déploiement des projets d’ici 2030.

Le document constate que la dynamique actuelle reste en dessous des ambitions fixées auparavant et appelle à renforcer :

  • les capacités humaines de la filière
  • les moyens techniques nécessaires au développement
  • la connaissance du sous‑sol, indispensable notamment pour la géothermie profonde

Les estimations du BRGM rappellent d’ailleurs l’ampleur du potentiel national : la géothermie de surface pourrait fournir jusqu’à 100 TWh de chaleur à horizon 15–20 ans

Aperçu geothermie : consommation et perspectives de production

Source : BRGM

Pour 2035, la PPE3 fixe des objectifs de :

  • 15 à 18 TWh pour la géothermie de surface ;
  • 8 à 10 TWh pour la géothermie profonde.

Ces cibles, bien que mesurées, imposent une montée en puissance significative du secteur.
 

Une déclinaison régionale : un élément majeur pour l’Occitanie

Grande nouveauté de cette PPE3 : une mise en œuvre territorialisée, avec des déclinaisons régionales à venir.

Chaque région bénéficiera d’objectifs adaptés à son potentiel local, incluant des cibles spécifiques pour la géothermie. Cela signifie qu’en Occitanie, territoire disposant d’un fort potentiel en géothermie de surface (et plusieurs projets profonds en développement), des objectifs chiffrés seront publiés dans les prochains mois.

Cette régionalisation doit permettre :

  • une meilleure prise en compte des particularités géologiques locales,
  • un suivi plus fin de la progression des projets,
  • une articulation renforcée entre État, Régions et acteurs opérationnels.

Pour l’animation régionale géothermie Occitanie, cette approche constitue un levier structurant pour accompagner les porteurs de projets et planifier la montée en puissance de la filière.
 

Renforcement de la connaissance du sous‑sol et du plan géothermie

La PPE3 insiste sur la nécessité d’améliorer la caractérisation des aquifères profonds et de valoriser les données existantes à l’échelle régionale.

Ces travaux viendront compléter le Plan d’action national géothermie, déjà lancé, qui mobilise les préfets de région pour engager des actions adaptées aux spécificités locales.

Cette articulation entre PPE3 et plan géothermie doit permettre :

  • de sécuriser davantage les investissements
  • d’améliorer la qualité des diagnostics pré‑projets
  • et de lever plus facilement les obstacles techniques ou administratifs
     
Chaleur et froid renouvelables : un changement d’échelle annoncé

La PPE3 fixe également des objectifs ambitieux pour les réseaux de chaleur et de froid, fortement concernés par la géothermie :

  • 39,5 TWh de chaleur renouvelable et de récupération dans les réseaux en 2030,
  • jusqu’à 72 TWh en 2035, selon les scénarios.

Pour y parvenir, plusieurs leviers sont prévus :

  • incitation des collectivités à réaliser des études de faisabilité,
  • obligation pour les EPCI de +45 000 habitants d’élaborer des plans locaux d’approvisionnement en chaleur et froid,
  • maintien du Fonds Chaleur,
  • renforcement du rôle du classement des réseaux.

Ces mesures soutiennent directement la mobilisation de la géothermie pour alimenter les réseaux existants ou futurs.

 

Pompes à chaleur : un pilier complémentaire

La PPE3 confirme également la montée en puissance des pompes à chaleur, avec l’objectif de 1 million d’unités produites par an d’ici 2027, ainsi que la création d’un Centre d’expertise sur la pompe à chaleur (CEPAC) visant à structurer la filière et favoriser l’innovation.