La Cour des comptes a rendu publics, mi‑janvier, les résultats de son travail d’évaluation sur les soutiens publics au développement de la géothermie et formule de nouvelles recommandations pour accélérer le développement de la géothermie
L’étude couvre la période 2015 à 2024 et analyse l’ensemble des segments : géothermie de surface, géothermie profonde pour la chaleur, et géothermie profonde électrogène, en métropole comme en Outre-mer.
L’objectif de cette enquête était d’apprécier la cohérence et l’efficacité des dispositifs actuels, en interrogeant les acteurs sur :
- la possibilité de mieux organiser les aides et les financements,
- les leviers pour simplifier les démarches administratives,
- les conditions nécessaires pour sécuriser les projets et limiter les risques économiques.
Des freins toujours présents malgré un fort potentiel
Le rapport souligne que la géothermie constitue une énergie renouvelable stratégique pour atteindre les objectifs climatiques nationaux. Pourtant, son développement reste limité.
Plusieurs points d’attention sont mis en avant :
- coûts d’investissement importants,
- risques techniques encore significatifs,
- procédures longues et parfois complexes,
- manque d’homogénéité dans les dispositifs de soutien selon les filières.
La Cour note également que la future Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE3) fixe des ambitions élevées pour les géothermies, ce qui renforce la nécessité d’ajustements opérationnels.
Dans le détail, elle observe notamment :
- un manque de lisibilité des dispositifs pour la géothermie de surface, et une attention encore limitée aux projets collectifs ;
- des conditions économiques défavorables pour la géothermie profonde hors zones déjà explorées ;
- un besoin d’évolution des mécanismes de garantie pour soutenir les projets électrogènes, en particulier en Outre-mer.
Trois recommandations pour améliorer l’efficacité des soutiens
Pour répondre à ces constats, la Cour des comptes propose trois évolutions majeures :
- Faire évoluer le seuil de la géothermie de minime importance (GMI) à 2 MW pour les installations sur sondes, afin de simplifier les procédures pour les projets de taille intermédiaire.
- Adapter la doctrine du fonds de garantie géothermie profonde (chaleur) en intégrant plus finement le niveau de risque propre à chaque projet.
- Actualiser l’arrêté du 20 septembre 2016 pour renforcer la couverture des risques de forage dans le cas de la géothermie profonde électrogène en Outre-mer.
Ces recommandations visent à rendre les dispositifs de soutien plus lisibles, plus efficaces et mieux adaptés aux réalités techniques des différentes filières

